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Alaskan Malamutes Souvenir of Sitka's Devenir chien de traîneau |
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Le Malamute, sportif et polyvalent, est un chien qui s'intègre à la vie de famille et séduit souvent par sa prestance ou par ce qu'il représente de l'esprit " pionnier- aventurier " chez le citadin en mal de ruralité ou chez le rural en mal de grands espaces vierges… Tout le monde ne peut se permettre de monter un attelage et de vivre ses vacances et temps libre au rythme des enneigements de nos massifs… Pourtant… alors que notre malamute préféré est un parfait chien de famille, sportif (jogging, randonnées et même grandes promenades en liberté)... alors qu'il sait bien maintenant qu'il n'a pas le droit de tirer comme un fou lors des promenades… on rencontre un musher sympa à l'occasion de vacances en montagne, on lit Malamute Passion et tous les témoignages des novices émerveillés des exploits de leurs chiens et de leur capacité à eux, mushers, de surmonter leurs appréhensions et on se dit : " Pourquoi pas nous ? ? ? ". Seulement voilà : notre gros bébé est un chien- sympa- mais qui comme tout chien est pétri d'habitudes et réflexes conditionnés ! Après tout il est très heureux ainsi sans " faire le chien de traîneau "… C'est sûr, " qui peut le plus, peut le moins "… Comme je suis un adepte du plus je dois vous dire que même si l'harmonie est totale avec votre malamute actuellement vous avez raison de vous laisser tenter par l'aventure d'en faire un chien de traîneau, un vrai ! ! ! La complicité est renforcée, la dépense d'énergie correspond aux besoins spécifiques pour laquelle la race a été sélectionnée, l'obéissance et l'attention s'améliorent encore… On rencontre de nouveaux amis ou l'on peut profiter de longs moments de solitude régénérants… pleins de bonnes raison quoi ! Vous êtes tentés ? Attention, il n'y a pas de recettes miracles, même dans les ouvrages spécialisés… Rien ne se passe comme prévu… ou rarement… car ici, il ne s'agit pas d'éduquer un chiot : il s'agit d'opérer un " déconditionnement/reconditionnement " avec un malamute " Couch Potatoes "… C'est aussi difficile que la formation continue pour adultes lorsque l'on est habitué au train-train " Métro-Boulot- Jogging- Charentaises- Dodo " !
Pour mettre les chances de son côté, il faut avoir présent à l'esprit que c'est le renforcement positif qui fonctionne le mieux avec le chien et que l'énervement en cas d'échec est la pire des choses : un chien apprend à aimer une activité, respecter un maître… Ceci n'exclut absolument pas la fermeté et le " Non ! " pour structurer la progression.
Première chose à faire dans un premier temps supprimer pendant la phase d'initiation toutes les autres activités paradisiaques qui sont " parasites ". Donc plus de longues balades en liberté, en “harnais-des-villes " [Tiens j'aurais pu appeler l'article " Le Malamute des Villes et le Malamute des Neiges " !], plus de jogging en laisse… " Le pauvvvvre ! ! ! ! ". Oui, on évite même les longues promenades hygiéniques.
Deuxième chose, le matériel : à de rares exceptions près, les premiers mushers ont tous commencé de façon artisanale… Pas la peine d'investir tout de suite dans du matériel spécial et top niveau : en cas d'essai infructueux, les dépenses engagées rendent amers et font perdre l'enthousiasme et l'optimisme indispensables ! Le seul investissement est celui du harnais qui doit être acheté- non dans une animalerie spécialisée, ni dans les grandes surfaces mais chez les entreprises spécialisées dans l'équipement pour le " mushing " (par exemple " Les Traîneaux Jurassiens " qui octroient une réduction de 10% aux membres de l'AMCF- c'est sérieux, professionnel et l'accueil est agréable). Il doit être parfaitement ajusté et confortable. Si vous avez un VTT, il suffit de baisser la selle au maximum pour que les pieds touchent facilement par terre ! ! ! S'il peut être rassurant d'attacher le chien à la taille de peur de le perdre avec son vélo, je le déconseille formellement pour des questions d'équilibre… Le guidon n'est pas une bonne idée non plus car votre direction risque de devenir plus qu'aléatoire pour débuter ! Le mieux est d'attacher la ligne de trait à la tige où la fourche du vélo s'insère… Pour la constitution de la ligne de trait : voir les " Traineaux Jurassiens " (par exemple !..). J'ai débuté avec de la corde de montagne nouée solidement à un vieux " bi-cross " et très solidement à la boucle du harnais … Hum… ce n'était pas idéal pour libérer le chien une fois que le nœud était bien serré … Troisième chose, nous y sommes, les choses sérieuses commencent… le chien ne peut être motivé car il ne sait pas ce qui l'attend… Faites- le trottiner en laisse pour le détendre, qu'il urine et rendez-vous sur une " piste " qui n'est pas familière au chien… un chemin est une piste… Le minimum de monde est nécessaire, seul, tout seul c'est mieux. On peut aussi demander à un complice de partir plus tôt loin devant pour que dans un premier temps le chien comprenne à quoi correspond l'effort demandé… Mais cela devra s'arrêter dès que le chien a compris ce que c'était que tirer sans aide et que le musher est paré dans sa technique d'équilibre avec un point de force à l'avant d'un vélo (penser à alléger le poids du corps sur l'avant du vélo…). Sinon, l'unique motivation deviendra : " il faut rattraper quelqu'un de la famille ". Il est utile dès le début d'apprendre au chien à être assis face à la piste et d'avancer avec un ordre comme " devant " qui pourra servir ensuite à l'encourager à progresser dans la même direction. Les débuts peuvent se faire sur quelques mètres, ce n'est pas grave. Il faut encourager le chien avec enthousiasme dès qu'il prend du rythme. Il est probable que par habitude il veuille fureter à droite et à gauche, c'est normal… Un " non " ferme est nécessaire suivi aussitôt du " Devant , devant Igloo ! ". Si le chien quitte le sentier, s'arrêter et, calmement, le remettre en position face à la piste, recommencer inlassablement et arrêter la séance avec enthousiasme lorsque le chien a fait un petit progrès ou qu'il se déconcentre trop. Il est indispensable de toujours garder la ligne de trait tendue. Ne pédalez pas pour aider le chien et préférez le " patinage " avec un pied en cas de besoin (il faut toujours préserver la sensation liée à l'effort de trait car sinon le chien va comprendre très vite N'entreprenez des montées que lorsque l'exercice est concluant sur le plat ou dans de légères descentes…Il ne faut pas écœurer le chien ! Bon c'est très théorique mais il faut être patient et ne pas espérer non plus un déclic extraordinaire (çà arrive !). Un petit trot avec un effort de traction est très bien pour commencer… quelques accélérations en descente si l'on maîtrise la tension de la ligne de trait. Souvent aussi on se dit " Et si j'en prenais un deuxième ! ! ! ". C'est une très bonne idée (je suis éleveur ! ! ? ? ! !), parfois c'est vraiment une histoire d'émulation mais souvent aussi le petit dernier comprend tout très vite, est en pleine forme et "écœure" l'ancien… Un troisième malamute ? Hum, là, Couch Potatoes il est, Malamute de famille il restera ! Une autre bonne chose est alors de trouver, pour tester, un compagnon de trait déjà éduqué qui veut bien rester de bonne humeur pour apprendre au copain à aimer le sport façon traction. Pour ce faire, vous pouvez contacter les clubs de travail ou les délégations régionales de l'AMCF. Je disais en préambule qu'il n'y avait pas de recette miracle et pour cette raison, je pense qu'il faut entrer en contact avec des mushers expérimentés. Chaque malamute est un cas particulier, dans un contexte spécifique. Depuis 16 années les malamutes " Couch Potatoes " que j'ai pu côtoyer ont tous pu jouer un minimum au chien de traîneau sur quelques kilomètres avec certes des degrés de motivation différents selon qu'on espère atteindre un niveau de sensation cinétique élevé ou non ! Il y a souvent aussi des " blocages " qui sont difficiles à identifier : parfois le chien se couche par terre refuse d'avancer,… dans la plupart de ces refus il s'agit d'une mauvaise expérience, d'une trop grande pression de la part du maître adoré… tout doit être ludique, l'éducation doit être perçue comme passionnante, la difficulté à surmonter comme un loisir agréable… la fermeté n'intervient que comme guide structurant et ne doit pas tétaniser le chien, elle est un indicateur et doit TOUJOURS être suivie d'un renforcement exagérément enthousiaste lorsque le chien a compris…
Vous connaissez " Il n'y a pas de mauvais chien… ", je compléterai en disant qu' il n'y a que des maîtres qui n'ont pas trouvé la bonne clef ! ". Les mushers sont en général des gens sympas, fiers de leur réussite et qui aiment communiquer, faites de même : parlez-en !
Franck CHABRIAC article publié dans la revue "Malamute Passion" n° 50
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